Une maison, une lignée, une ville
En séjournant au 12, rue Hébert, vous dormez dans un bâtiment conçu en 1856 par Charles-Ferdinand Baillairgé — le dernier représentant de la plus grande dynastie d'architectes de l'histoire du Québec. Le bâtiment est classé patrimoine exceptionnel par la province. La Terrasse Dufferin, dont il a également signé les kiosques et lampadaires, est à trois minutes à pied.
Le bâtiment
Le 12, rue Hébert fait partie d'un ensemble de maisons en rangée érigé au milieu des années 1850 pour servir de logements locatifs dans le quartier de la Colline parlementaire. Il forme un tout cohérent avec le 14, rue Hébert (la Maison Joseph-Morrin, aussi appelée Maison Audet), construit la même année par le même architecte.
L'édifice est construit en brique et pierre selon une esthétique sobre propre au style néoclassique d'influence britannique alors en vogue à Québec entre 1790 et 1880, inspiré des London townhouses. L'ornementation y est volontairement limitée : les linteaux de brique aux ouvertures remplacent la pierre, donnant au bâtiment son caractère discret mais élégant.
Un étage carré a été ajouté ultérieurement au 12, modifiant légèrement l'uniformité originale de l'ensemble — une trace visible de son histoire continue et habitée depuis 170 ans.
Fiche patrimoniale
- Adresse
- 12, rue Hébert, Québec
- Arrondissement
- La Cité-Limoilou
- Quartier
- Vieux-Québec — Cap-Blanc — Colline parlementaire
- Année de construction
- 1856
- Architecte
- Charles-Ferdinand Baillairgé
- Matériaux
- Brique et pierre
- Style
- Néoclassique d'influence britannique — London townhouse
- Valeur patrimoniale
- Exceptionnelle
- Statut
- Immeuble patrimonial provincial · Secteur patrimonial (CUCQ)
- Évaluation
- 10 février 2025
Sources : Ville de Québec — fiche 4022 & fiche 4021
L'architecte : Charles-Ferdinand Baillairgé (1826 – 1906)
Né le 29 septembre 1826 à Québec, Charles-Philippe-Ferdinand Baillairgé représente le dernier fleuron d'une lignée architecturale sans équivalent en Amérique du Nord. Formé sous la tutelle de son oncle Thomas Baillairgé, il allie les savoir-faire de l'architecture, du génie civil et de l'arpentage — une polyvalence rare pour l'époque.
Homme de conviction autant que de technique, Baillairgé laisse une empreinte profonde sur le visage de Québec. Il est élu membre de la Société royale du Canada, la plus haute distinction intellectuelle du pays. À sa mort, le 10 mai 1906, il avait façonné plusieurs des lieux les plus emblématiques de la ville — dont deux que vous apercevrez directement depuis votre appartement ou en quelques minutes de marche.
Une avenue et un escalier public portent aujourd'hui son nom à Québec. Le pavillon qu'il a dessiné pour la prison des Plaines d'Abraham abrite désormais le Pavillon Charles-Baillairgé du Musée national des beaux-arts du Québec — à quinze minutes à pied.
Repères chronologiques
- 1826 Naissance à Québec (29 septembre)
- ~1840 Formation auprès de son oncle Thomas Baillairgé
- 1852 Début des travaux de la Terrasse Dufferin (kiosques & lampadaires)
- 1856 Construction du 12–14, rue Hébert
- 1861 Conception de la Prison des Plaines d'Abraham (future MNBAQ)
- ~1875 Bâtiment principal de l'Université Laval
- s.d. Élu membre de la Société royale du Canada
- 1906 Décès à Québec (10 mai) — inhumé au cimetière Saint-Charles
- 2024 Son nom reste gravé sur le Pavillon Baillairgé du MNBAQ
La dynastie Baillairgé — quatre générations, une ville
Peu de familles ont marqué une ville comme les Baillairgé ont marqué Québec. Pendant près d'un siècle et demi, quatre générations se transmettent le crayon et le compas, sculptant l'identité visuelle de la capitale.
Jean Baillairgé
1726 – 1805
Fondateur de la lignée. Sculpteur et architecte, il pose les bases du style classique québécois.
François Baillairgé
1759 – 1830
Formé à Paris à l'École royale des beaux-arts. Sculpte les intérieurs de la Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec.
Thomas Baillairgé
1791 – 1859
Architecte prolifique, mentor de Charles. Conçoit l'Église Notre-Dame-des-Victoires et de nombreuses églises du Québec.
Charles-Ferdinand Baillairgé
1826 – 1906
Architecte de votre appartement. Terrasse Dufferin, Prison des Plaines (MNBAQ), Université Laval. Membre de la Société royale du Canada.
Ses œuvres, à portée de vos pas
Vous séjournez dans un bâtiment signé Baillairgé. Autour de vous, ses autres œuvres structurent encore le paysage de Québec.
Terrasse Dufferin
Les kiosques en fonte et les lampadaires ornementaux qui bordent la célèbre promenade sont signés Baillairgé. Chaque soir, en vous promenant face au Saint-Laurent, vous marchez dans son œuvre.
Pavillon Charles-Baillairgé — MNBAQ
L'ancienne Prison des Plaines d'Abraham qu'il a dessinée en 1861 est aujourd'hui le pavillon le plus emblématique du Musée national des beaux-arts du Québec — et porte fièrement son nom.
Université Laval — bâtiment principal
Le bâtiment central du campus historique de la première université francophone d'Amérique du Nord a été conçu par Baillairgé dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Dormir au 12, rue Hébert, c'est bien plus que louer un appartement au cœur du Vieux-Québec classé UNESCO. C'est habiter, l'espace d'un séjour, une page vivante de l'histoire architecturale du Québec — conçue par un homme dont les œuvres continuent de définir le visage de la ville que vous explorerez chaque matin en sortant par cette même porte.
Réserver le 12 Hébert